Exposition de Milomir Kovačević « Strašni »
Dans le cadre des Journées de la Francophonie, l’Institut français de Sarajevo a accueilli, le 2 avril 2026, le vernissage de l’exposition Paris, Paris, Paris de l’artiste photographe Milomir Kovačević, dit « Strašni ». Présentée désormais comme une exposition permanente, cette série s’inscrit dans la continuité de la programmation culturelle de l’Institut et témoigne du dialogue entre création contemporaine, photographie et expériences sensibles du monde francophone.
À travers cette série, Strašni propose une immersion dans la capitale française, construite au fil de ses déambulations. Réalisées en noir et blanc, les images réunissent scènes de rue, fragments de vie quotidienne et impressions urbaines saisies sur le vif. Fidèle à une approche à la fois intuitive et documentaire, l’artiste capte des instants suspendus, à la frontière entre observation du réel et mise en scène involontaire.
L’exposition révèle un Paris pluriel, éloigné des représentations attendues. Les clichés des portraits capturés au marché populaire des Enfants Rouge occupent une place importante, donnant à voir une ville animée par les échanges ordinaires et fugaces. Peu à peu se dessine une cartographie sensible de l’espace urbain, où la ville se raconte à travers ses visages.
En contrepoint, certaines images situées à proximité de monuments emblématiques, comme la Tour Eiffel, interrogent l’imaginaire touristique et déplacent le regard vers une perception plus fragmentée et intime de la capitale. Les figures de mimes et les personnages de rue traversent également l’ensemble, entre performance et observation sociale, introduisant une dimension poétique dans le récit visuel. Les photographies de sculptures et de statues du Louvre prolongent cette tension entre monumentalité et regard subjectif, en révélant les œuvres muséales comme des présences presque vivantes au sein du parcours urbain.
Un grand merci à l’artiste Milomir Kovačević Strašni pour la mise en œuvre de cette exposition, qui prolonge et enrichit la programmation des Journées de la Francophonie et inscrit durablement le regard photographique dans le paysage culturel de Sarajevo.
